
Nous sommes nombreux à avoir déjà rencontré des moyennes pondérées. Et si vous avez suivi un cours équivalent à ce qu’on appelle le « Calcul II » aux États-Unis, vous avez également découvert les développements en série de Maclaurin. L’« équation » ci-dessus s’inspire des séries de Maclaurin, qui comportent une infinité de termes, mais dont les premiers termes sont ceux qui influencent le plus le « comportement » de l’équation (ce sont eux qui ont les coefficients les plus élevés).
Lorsqu’on aborde la paranoïa, de nombreux cliniciens se précipitent sur la cinquième ligne de la troisième colonne (c’est-à-dire la schizophrénie). Mais qu’en est-il de tous les autres facteurs qui contribuent à ce que les patients appellent la paranoïa ? Les cliniciens n’utilisent pas non plus de définition uniforme de la paranoïa. Quoi qu’il en soit, la paranoïa est un phénomène complexe et hautement multifactoriel ; c’est pourquoi j’ai rédigé l’équation illustrée ci-contre afin de nous aider à rester rigoureux, exhaustifs et protecteurs envers nos patients.
À tout moment, un terme peut avoir une contribution nulle ; nous fixons donc son coefficient à zéro (0). Ainsi, nous n'avons pas à nous enliser dans des réflexions trop approfondies à ce sujet. Bien sûr, l'importance ou le poids des coefficients (et donc des termes) évoluera au fil du temps.
Voici un exemple : un patient peut ne présenter aucun délire pendant toute son enfance, son adolescence, son jeune âge adulte et son âge adulte moyen. Supposons qu’à un âge avancé, il développe une démence accompagnée de délires. Dans ce cas, le coefficient c (du « terme » délires) est resté stablement nul pendant la majeure partie de sa vie, puis a évolué vers une valeur positive à un âge avancé.
L'équation ci-dessus n'est qu'un aperçu délibérément restreint de la liste des phénomènes transdiagnostiques figurant à la page précédente. Pour chaque élément de cette liste, il est possible de formuler une équation inspirée de Maclaurin.

Réintégrer la psychiatrie dans le champ de la médecine.